Comme partout
en France, de nombreux vestiges de lépoque médiévale
subsistent en Aunis et en Saintonge. Les églises, abbayes et
autres chapelles, bien sûr, mais aussi des châteaux, des
grottes, des souterrains et des mottes féodales.
Nous ne voulons pas ici en faire une liste exhaustive, ce qui serait
ambitieux, voire prétentieux, mais surtout fastidieux. Nous nous
contenterons den citer ou présenter quelques uns, dans
le but dorienter le passionné dans ses balades et de susciter
lintérêt du plus grand nombre.
Tout le
monde, naturellement, sait ce quest un château Mais
cependant, quest-ce quune motte féodale ?
Le terme de motte féodale était utilisé en castellologie
pour définir un ouvrage de défense construit en terre
et bois. Autres dénominations qui tendent désormais à
être utilisées : motte castrale, château à
motte.
La motte est généralement composée dun rehaussement
important de terre (la motte) au centre duquel est élevée
une tour ayant fonction de donjon ; un puit est parfois creusé
à lintérieur.
Une première enceinte de bois entoure le sommet de la motte circulaire
(la haute cour). Une seconde enceinte plus vaste, renforcée de
fossés, (la basse cour), de forme variable (circulaire, ovoïde,
etc.) est créée autour de la motte elle-même. Cet
ensemble constitue parfois un refuge ultime pour les populations environnantes
et est souvent à lorigine de châteaux forts ou de
villages fortifiés. Aucune motte castrale nest parvenue
jusquà nous dans son état originel, les constructions
de bois ont disparu et la motte elle-même a parfois été
arasée volontairement.
ANDILLY
: Ruine dun prieuré et
dun château avec souterrain. ARCHIAC : Ancienne
motte féodale surmontée dun moulin transformé
en tour de défense.
AULNAY-DE-SAINTONGE
: Donjon du XVe siècle
et colombier. L'histoire connue d'Aulnay commence à l'époque
gallo-romaine. À partir du Xe siècle, l'importante
vicomté d'Aulnay, jusqu'alors aux mains de l'illustre famille
des Maingot, seigneurs de Surgères, passa aux Cadelon, aux
Mortagne puis aux Montberon, issus de la maison royale des Lusignan ;
ultérieurement, Louise de Savoie et Marie Stuart la possédèrent.
Situé à la limite du seuil du Poitou, Aulnay qui se
trouvait sur l'un des quatre grands chemins de Saint-Jacques de
Compostelle vit le passage d'innombrables pèlerins tout au
long des siècles.
Ce fut aussi hélas, le lieu de violents combats, notamment
pendant la guerre de Cent Ans. Du Guesclin y reprit le château
aux Anglais en 1372. Plus tard, les guerres de religion provoquèrent
la destruction du château de Mondevis et d'une grande partie
du couvent des Carmes.
BEAUVAIS-SUR-MATHA
: Motte du Chaudronnier et motte à
lOie. BENON : Motte
féodale du château. BRIE-SOUS-MORTAGNE :
Souterrain dans une cave avec trous darquebuses. BURIE : Motte
féodale à Corsin. CHAMPDOLENT :
À coté de Rochefort, souterrain de lancien château
de Bellebat. Des photographies aériennes révèlent
la présence de douves, murailles et donjon. CHERBONNIÈRES
: (Est de Saint-Jean-dAngély). Au Grand Fief,
vestiges de château avec souterrain.
CRAZANNES
: château
daté du XVe siècle.
DAMPIERRE-SUR-BOUTONNE
: En lan 995, sur les hauts
de Dampierre existait déjà le châtel Gaillard
dont Adalbert était le seigneur. En 1027, par sa fille
Pétronille, la terre de Dampierre passe aux Maingot, la
puissante Maison de Surgères ; puis par alliance, en 1342,
elle échoit aux Clermont qui la conserveront jusquen
1598.
En 1373 Du Guesclin arrache la forteresse aux Anglais. En 1495
la baronnie de Dampierre devient distincte de celle de Surgères.
FENIOUX
: Lanterne aux morts du XIIe siècle. FONTAINES-CHALANDRAY
: Motte féodale.
JONZAC
: En 1073, le château,
construit à même le roc, domine déjà
les rives de la Seugne. Il traverse la guerre de Cent ans (1337-1453)
pour connaître ensuite de profondes transformations. Le
châtelet dentrée date du XVe siècle.
Les rainures de son pont-levis sy découpent et laissent
imaginer les douves dont le site était cerné. Dans
la pierre de lune de ses deux tours rondes, la date de 1449
est encore lisible.
Sous
le blason des Sainte-Maure (1325-1678), de puissantes gargouilles
mettent en scène les figures de la meute des seigneurs
de Jonzac. Un loup aux abois, un molosse et un chien à
corps dhomme y affrontent les forces dun monde chthonien
(divinités du monde souterrain). Sur les flancs du châtelet,
deux ailes sétirent vers deux autres tours rondes.
Au sous-sol, lancienne salle des gardes (XVe siècle)
renvoie à lhistoire de lensemble défensif.
LA
VILLEDIEU : Présence dune
motte féodale au Breuil.
MATHA
: Donjon. Pendant la première
guerre dite « de
Cent Ans » (1159-1299), les seigneurs du lieu
avaient épousé la cause anglaise. Saint-Louis
mit le siège au château et fit raser le donjon.
Le château fut cependant rebâti pendant la renaissance.
MEURSAC
: Vestige dune motte
féodale au lieu dit Le Château.
MONTENDRE :
Construit au IXe siècle sur les ruines dun oppidum
romain, le château de Montendre fut agrandi au XIIe siècle
et remanié au XVe siècle. De cette époque,
on peut encore distinguer la Tour Ronde, une partie des enceintes
et limposante Tour Carrée.
MONTGUYON :
Vestiges dun château du XIIIe siècle. La forteresse
fut incendiée par la foudre en 1793.
NANTILLE
: Motte féodale des douves de
Cluny.
NIEUL-LÈS-SAINTES
: Ce château fort fut construit
à la fin du XIVe siècle par Jean Chaudrier (ou
encore Jehan Coudorier), époux de Jeanne de Parthenay Larchevêque,
héritière de la terre de Nieul, vers 1370. Cest
ce même Jean Chaudrier, à lépoque maire
de La Rochelle, qui délivra la capitale aunisienne du joug
anglais, usant dune ruse
pacifique, contée dans une autre page de ce site.
PONS
: On peut admirer le donjon,
vestige du château du XIIe siècle. Dès
les Xe et XIe siècles, avec les sires de Pons, apparaît
le château. Il sera rasé en 1178 par Richard Coeur
de Lion et reconstruit par Geoffroi, son allié, qui termina
le donjon dès 1187.
PONT-LABBÉ-DARNOULT :
Le porche de la ville date du XIIIe siècle.
PUYROLLAND
: Motte féodale et habitat médiéval
au Petit Charraud. SAINT-FÉLIX
: Motte féodale et souterrains. SAINT-GEORGES-DANTIGNAC
: Souterrain où furent découvertes des poteries
du XIIe siècle. SAINT-GERMAIN-DE-MARENCENNES
: Motte féodale au Châtelet.
SAINT-JEAN-DANGÉLY :
Vieux centre-ville, sénéchaussée, beffroi
avec horloge du XVe siècle.
SAINT-JEAN-D'ANGLE :
Vestiges d'un château médiéval.
SAINT-MAIGRIN
: Ancien château fort avec
souterrains. SAINT-OUEN :
Motte féodale du Breuil Bertin. SAINT-PIERRE-DE-JUILLERS
: Motte féodale.
SAINT-ROMAIN-DE-BENET
: Le « Camp de César »,
camp retranché où vestiges romains et médiévaux
se confondent. SAINT-SAVINIEN
: Château du Xe siècle.
SAINT-PORCHAIRE :
Château de La Roche-Courbon, XVe siècle.
SAINT-SORNIN
: La tour de Broue. Un camp fortifié,
ou castrum, fut construit à la fin du XIe siècle
sur cette terre découpée en presquîle
pour protéger les salines. On peut encore voir de nos jour
la tour, vestige de cette imposante forteresse, perchée
sur un promontoire de 25 mètres. Ce donjon servait
à la fois de vigie aux exploitants et aux commerçants
du marais, et damer pour guider les bateaux des négociants
à leur retour au port de Broue.
SAINTE-GEMME
: Motte féodale de La
Vergne, près de Blénac. SAINTE-SOULLE
: Motte de la Roche Bertin.
SAINTES
: Abbaye-aux-Dames, consacrée
en 1047. Échevinage du XVe siècle, rempart
du IVe siècle.
SIECQ
: Souterrains. Motte féodale
dans les bois de la Motte.
SURGÈRES
: Motte féodale, dans le jardin public près
de la courtine, et château. TAILLEBOURG
: Remparts, tour dangle du XVe siècle. TONNAY-BOUTONNE
: La porte de la ville date du XIVe siècle.
TRIZAY
: Prieuré de Saint-Jean-lÉvangéliste,
XIe siècle.